La défense des fortifications de Cahors pendant la deuxième moitié du quatorzième siècle

 By Nicolas Savy  

Les fortifications de Cahors vers 1380

Les premiers événements de la guerre de Cent Ans en Guyenne ont incité les consuls de Cahors a faire renforcer les défenses de leur ville. Dès 1345, les récits qui leurs parvinrent de la prise et du sac de Bergerac[1], ainsi que des directives royales probablement, les amenèrent à compléter le système de fortifications : en moins de 2 ans, l’isthme de la presqu’île où se trouve la ville fut complètement fermé, en augmentant et en reprenant en totalité un embryon de ligne fortifiée édifiée là à la fin du XIII° siècle ; au sud, une courtine courant le long du Lot fut bâtie de la porte des Morouls[2] au pont Valentré[3] ; les travaux de construction et d’entretien des ouvrages fortifiés se poursuivirent tout au long de la guerre.  Les murailles étaient utiles en permanence : en isolant la ville de l’extérieur, elles empêchaient les indésirables, vagabonds, fuyards pesteux et bandits d’indisposer –ne serait-ce que par leur présence- les citadins ou de les voler ; en canalisant les différents flux de circulation vers les portes, elles facilitaient aussi la perception des différents péages. Mais leur rôle principal consistait à mettre la population et les biens à l’abri des agressions physiques, et à servir de support aux différents dispositifs tactiques adoptés suivant la menace à contrer. Les mesures ne concernaient qu’une partie des défenseurs lorsqu’un danger bien ciblé était de faible ou de moyenne intensité, la totalité des hommes ne montant sur les murs qu’en présence d’une situation extrêmement périlleuse ; une fois ce stade maximum atteint, des replis étaient prévus pour faire face aux éventuelles avancées de l’assaillant.

A - Les dispositifs de mise en défense.  

          La ville pouvait redouter les attaques de plusieurs types d’ennemis : il pouvait s’agir de compagnies plus ou moins puissantes ou de seigneurs du voisinage, et il n’était pas à exclure la venue d’une forte armée du roi d’Angleterre. Si les premières ne disposaient que de moyens réduits, il en allait autrement des armées royales, nombreuses et bien pourvues en équipements divers. Les dispositions étaient prises suivant le type et la force de l’adversaire : elles pouvaient n’intéresser qu’un nombre limité de défenseurs, soit tous les impliquer en leur faisant tenir les places qui leur étaient assignées sur les murs.

1 - Les dispositifs limités.

          La majorité des actions hostiles dirigées contre la ville furent le fait des compagnies opérant dans le voisinage. Ne disposant que d’effectifs limités qui ne leur permettaient pas d’investir intégralement le contour de la ville, elles ne pouvaient tenter un siège dans les règles ; aussi étaient-elles obligées de concentrer leurs forces sur un point donné de l’enceinte afin d’essayer de le prendre d’assaut, pour ensuite pénétrer à l’intérieur de la cité en cas de succès. Ces actions étaient naturellement dirigées contre les points faibles des fortifications.

          En 1359, les consuls tinrent des hommes sur les murs à proximité de la porte de la Barre, dans le but de s’opposer aux coups de mains quotidiens que Jean de Gourdon menait dans ce secteur, accompagné de Benoit de Jean et d’Aymar d’Uchel et de leurs troupes. Les trois compères tentèrent de pénétrer en ville, laissant de côté les fortes défenses de la Barre, pour attaquer la palissade du Pal. Toutefois, le nombre suffisant de défenseurs mis en place à proximité permit de les repousser facilement[4].

          Les faubourgs étaient des objectifs tout désignés aux entreprises des compagnies et des bandes car, souvent mal défendus, ils permettaient aux routiers d’opérer rapines et pillages traditionnels sans trop de difficultés. En effet, la cité ne disposait ni des moyens matériels et financiers, ni de ressources humaines suffisantes pour les équiper de solides défenses permanentes. Prendre les précautions indispensables nécessitait au préalable de connaître l’intention d’attaquer de l’ennemi, mais aussi de disposer d’un délai minimum entre le moment où l’on en prenait connaissance et celui où l’attaque devait effectivement avoir lieu ; si ces conditions n’étaient pas réunies, il ne restait aux habitants des faubourgs qu’à fuir et se réfugier derrière les murailles urbaines. En revanche, lorsque les consuls eurent le temps de mettre en place une protection pour les barris, celle-ci fut souvent efficace. En 1372 notamment, on eut connaissance d’une prochaine attaque « anglaise » dirigée vers les faubourgs, et ces derniers furent pourvus de nombreux défenseurs ; ils n’eurent d’ailleurs pas à combattre, car leur seule présence découragea les assaillants, qui abandonnèrent la partie sans rien tenter[5].

          Sur la partie de l’enceinte protégée par le Lot les gués étaient, avec les ponts, les seuls passages permettant d’accéder aux pieds des murailles, aussi attiraient-ils logiquement certaines attaques. Les moyens adoptés pouvaient être préventifs et ponctuels, comme lorsqu’en août 1381, les consuls avertis que des Anglais devaient attaquer dans la nuit du 13 par le gué de Saint Urcisse, placèrent des hommes en attente dans le lit de la rivière afin de s’y opposer[6]. Face à une menace intense et imprécise, la défense des points sensibles était renforcé le temps que durait le danger. Toujours en 1381, au mois de septembre, des hommes furent maintenus sur les différents gués pendant seize jours pour s’opposer aux entreprises de Ramonet Del Sort et de Bertrand de Rustang[7].

          Malgré l’état d’insécurité permanent où la ville se trouvait, les activités urbaines se poursuivaient et chaque habitant devait pouvoir vaquer à ses occupations ; le consulat y trouvait son intérêt, car les richesses produites lui permettaient de lever de nombreux impôts, d’autant plus indispensables qu’il devait faire face aux importantes dépenses générées par la guerre. Il importait donc de bien identifier et quantifier les menaces, de façon à ne mobiliser que le nombre suffisant, et permettre ainsi la poursuite des activités économiques.

2 - La ville en état de défense.

          Seul un ennemi disposant d’une armée nombreuse et bien équipée pouvait tenter d’assiéger la ville ; ce cas de figure ne se produisit qu’une fois en 1369, mais plusieurs passages d’armées en campagnes dans la région, ainsi que des rumeurs ou des renseignements erronés, firent croire aux consuls que la ville était sur le point d’être investie. Pour faire face à ces périls réels ou supposés, la ville était totalement mise en état de défense, et tous les combattants disponibles rejoignaient les postes qui leur étaient prescrits. En 1374, les 1760 défenseurs étaient répartis en compagnies de vingt à six cents hommes, chacune étant placée sous les ordres d’un capitaine[8].

          Les compagnies avaient pour la plupart la responsabilité d’une portion des fortifications qui ne présentait pas de faiblesse particulière : au nord, entre les tours Saint-Jean et Saint-Mari, trois d’entre elles se répartissaient la défense de la zone, avec un total de 190 hommes, soit environ un tout les 2,40 mètres ; du moulin Saint-Jammes à la tour Saint-Jean, 290 défenseurs se pressaient sur les murs, répartis en cinq compagnies[9], la moyenne dans ce secteur étant d’un combattant tous les 3,80 mètres.

          L’espace s’étalant des environs du pont Vieux à l’église Saint-Urcisse, garni de six cent dix combattants[10], présentait une très forte densité avec une moyenne approximative d’un homme tous les 0,75 mètres ; ce nombre élevé était rendu indispensable par la présence du gué de Saint-Urcisse, qui offrait en été une voie d’accès directe au pied des murs environnant la porte du même nom. Il était donc impératif d’y repousser tous les assauts de l’ennemi, car si ce dernier arrivait à franchir les murs dans ce secteur, il prenait directement pied dans un quartier d’habitation. A partir de là, aucun obstacle sérieux ne s’opposait plus à la prise de la ville par l’intérieur, qui serait tombée au pire en quelques heures, et au mieux en un ou deux jours avec une résistance acharnée et bien menée. La mission qui incombait aux défenseurs était donc vitale, mais aussi particulièrement simple : repousser l’ennemi sans esprit de recul. Dans ce cadre, choix et articulations tactiques étaient inévitablemment limités : un seul capitaine commandait ces combattants, regroupés dans la compagnie la plus nombreuse.

          Dans une moindre mesure qu’à Saint-Urcisse, la levée de terre et la tour du Pal étaient aussi mieux pourvues que les autres tronçons, avec trois compagnies totalisant 160 hommes[11] ; répartis sur les 300 mètres de l’ouvrage, ils étaient séparés les uns des autres par 1,80 mètre en moyenne. Cet effectif peut sembler faible pour un ouvrage structurellement vulnérable, qui devait canaliser les espérances de percées ennemies. Trois capitaines se patageaient le commandement des troupes, de façon à mettre sur pieds une défense mobile, exigeant rapidité de décision et d’exécution : chacun en charge d’un segment des défenses, ils pouvaient cependant diriger rapidement leurs soldats vers les points où l’ennemi faisait son effort, revenir ensuite à la position initiale si besoin, repartir encore ou être à leur tour renforcés par une autre compagnie, et ainsi de suite suivant les mouvements de l’assaillant.

          Enfin, la courtine et les tours qui s’étalaient au sud entre la vieille ville et le pont Valentré recevaient, ce dernier exclu, un nombre notamment peu élevé de combattants avec seulement 160 hommes[12] pour un kilomètre de fortifications, ce qui augmentait l’espace moyen entre chaque soldat à plus de 6,20 mètres. Là encore, la défense de ce secteur était essentiellement mobile, sous les ordres de trois capitaines, car il ne présentait que deux points faibles bien délimités, les gués de Saint-Georges et des Chanoines, le reste de la courtine étant protégé par la profondeur et la largeur du Lot. Les effectifs étaient répartis comme suit : dix hommes affectés de façon permanente aux défenses de chaque gué, le reste des troupes se tenant prêt à intervenir sur l’un ou l’autre, mais aussi sur l’ensemble du secteur. De la sorte, la faiblesse numérique du personnel engagé est aisément compréhensible ; en revanche, elle l’est moins dans la zone s’étendant entre le pont Valentré et la tour du Pal, le « plan de défense » de 1374 n’y mentionnant pas la présence de défenseurs[13].

          La ville, ne disposant pas des ressources humaines suffisantes pour garnir également et efficacement la totalité des fortifications, dut adopter plusieurs combinaisons afin de répartir au mieux les défenseurs sur tous les ouvrages, et en particulier sur ceux présentant des faiblesses, structurelles ou autres. Concernant ces derniers, des priorités devaient être définies, et les consuls privilégièrent naturellement la protection de la vieille ville ; son principal point faible, à Saint-Urcisse, était garni d’un grand nombre de combattants qui compensait les facilités d’accès offertes par le gué à l’ennemi. Pour les secteurs faibles jugés secondaires, on essayait de pallier leurs faiblesses par un commandement plus élaboré, en jouant sur la rapidité et la mobilité pour contrer le nombre.

B - La tactique de défense du périmètre fortifié.

          Une fois l’ensemble de la ville en état de défense, les assiégés essayaient naturellement de repousser les assauts, mais il était cependant sage de prévoir un éventuel insuccès, et le franchissement de certains ouvrages par un ennemi suffisamment fort. Dans ce cas de figure, le dernier réduit était constitué par la vieille ville, pièce maîtresse de la défense, car elle était l’aboutissement d’éventuels replis prévus à partir des points faibles de l’enceinte.

1 - La vieille ville, dernier réduit et pièce maîtresse de la défense.

          La vieille ville s’imposait naturellement comme le réduit ultime de la défense, car elle contenait encore la majeure partie du bâti et des richesses urbaines. La partie occidentale de la presqu’île ayant probablement vu son urbanisation, déjà lâche avant la guerre, se réduire encore, les édifices situés à proximité des vieilles murailles ayant été rasés pour les besoins de la défense. L’Ouest de la cité avait donc toujours un caractère rural très prononcé, contrairement à l’Est dont La vieille enceinte avait été entretenue et augmentée, restant ainsi la partie la plus solide des fortifications.

          Le seul véritable point faible, à Saint-Urcisse, n’était vulnérable qu’en été, lorsque les basses eaux ouvraient le passage du gué, et le nombre de défenseurs qui y était alors affecté était suffisant pour résister à de fortes attaques ; le reste de la façade Est était couvert par le Lot, tandis qu’à l’ouest, le Grand Fossé protégeait de solides murailles plusieurs fois renforcées. L’importance et le rôle de la vieille ville transparait à travers l’effectif qui y était affecté : en 1374, lors de sa mise en défense initiale, alors que certains de ses murs n’étaient pas en contact direct avec l’assaillant, elle recevait 1120 défenseurs sur les 1760 disponibles[14]. Disposant des plus fortes fortifications et des deux tiers des défenseurs, la vieille ville se présentait comme la pièce maîtresse du système défensif.

2 - Les replis successifs planifiés.

          L’enceinte extérieure peut être divisée en deux côtés, que l’on peut qualifier pour l’un de « fort », et pour l’autre de « faible » : le premier était constitué par la façade orientale de la vieille ville, partie la mieux défendue de toute l’enceinte avec 920 hommes en 1374[15] ; le schéma défensif de la clôture urbaine s’appuyait sur le postulat que cette façade ne pouvait céder aux attaques de l’ennemi, les reculs n’étant possibles que du côté « faible », à l’ouest. Les consuls avaient à l’esprit que la levée de terre du Pal n’était pas un obstacle suffisamment sérieux pour empêcher un fort parti d’assaillants déterminés de le prendre d’assaut ; ce merlon ne fut remplacée par une courtine maçonnée, de constitution assez médiocre par ailleurs, qu’au début du XV° siècle[16] ; elle resta donc une faille dans le système défensif pendant plus de cinquante ans. Le pont Valentré constituait lui aussi un ouvrage vulnérable, son emplacement au pied des collines étant particulièrement défavorable.

          La simple logique imposait de prévoir le décrochage des compagnies affectées aux défenses Nord, car si la levée de terre du Pal cédait, l’ensemble des ouvrages du front Nord pouvait facilement être pris à revers, devenant ainsi difficilement défendables. Or, une fois la presqu’île ouverte à l’ennemi, il était inutile et dangereux de poursuivre leur défense : inutile car rien n’empêchait plus les assaillants de se rendre maître de la partie occidentale de la presqu’île et d’attaquer le cœur de ville ; dangereux car leurs défenseurs pouvaient se trouver encerclés sur leurs positions, privant ainsi les défenses des vieux murs de bras indispensables.

          Entre la levée de terre du Pal et les murs occidentaux de la vieille ville se trouvait une aire ouverte et couverte de cultures qui s’étendait sur plus de 800 mètres ; elle s’étalait sur une distance similaire depuis le pont Valentré. Cet espace représentait une zone tampon, de défense intermédiaire : un ennemi qui aurait réussi à franchir le Pal ou le pont devait être combattu sur cette étendue, avant qu’il n’atteigne les premières défenses avancées de la vieille ville. En mai 1369, les troupes de John Chandos réussirent à franchir le Pal et s’enfoncèrent profondément à l’intérieur de la presqu’île, jusqu’à ce qu’elles soient stoppées dans cette zone de cultures, bien avant d’atteindre les vieux murs[17] ; la carte des terroirs dévastés par les troupes anglaises montre que leur extrême avancée s’est arrêtée le long d’une ligne passant à proximité des enclos monastiques des minorettes, des chartreux et des cordeliers, ce qui autorise à penser que les défenseurs s’appuyèrent sur ces édifices pour repousser les assaillants. Le schéma défensif prévoyait donc la nécessité de combattre dans l’intervalle que formait le secteur « rural » de la ville. La simple logique l’imposait : si les défenseurs s’étaient repliés directement à l’intérieur des vieux murs, ils se seraient interdit toute possibilité de repousser l’ennemi hors de la presqu’île ; perdant ainsi toute liberté de manœuvre, il ne leur restait plus qu’à soutenir un siège en règle. Leur seul -et aléatoire- salut reposait alors sur la possibilité de tenir suffisamment longtemps pour lasser l’ennemi et provoquer ainsi son départ. De plus, les consuls et leurs capitaines avaient certainement remarqué que la ligne de fortification Nord, une fois retournée par l’ennemi, était difficilement défendable par celui-ci, vu que les tours Saint-Jean et de Morlas étaient ouvertes à la gorge, et que les tours de flanquement faisaient  uniquement face au nord.

          L’éventualité d’un repli total à l’intérieur des vieux murs n’était toutefois pas exclue. En 1374, plus de 180 hommes étaient maintenus sur les fortifications occidentales de la vieille ville, malgré le fait qu’elles soient loin d’être au contact direct de l’ennemi. Parmi ces troupes se trouvait une partie de la compagnie d’Arnaud Delpech, qui renforçait celle de Guillaume de Lafon sur les murs à proximité du portal Garrel ; Arnaud Delpech et le reste de sa compagnie défendaient le pont Valentré[18]. Or, le portal Garrel était relié en ligne droite au pont Valentré par le chemin de Balandre : contraint d’abandonner le pont et de se replier, Arnaud Delpech se serait naturellement dirigé vers le portal Garrel, où il aurait reformé sa compagnie pour poursuivre le combat à partir des vieux murs. Chaque compagnie placée initialement sur les nouvelles fortifications de la presqu’île, devait ainsi avoir un point de repli bien déterminé sur les vieux murs. En cas de poussée irrésistible de l’assaillant, ceci aurait permit à la défense de se ressaisir en évitant tout flottement néfaste, car chaque portion des anciens murs se serait trouvée immédiatement garnie de combattants, chose impossible à réaliser lors d’une reculade imprévu et désordonné -une débandade-, qui aurait vu certains secteurs en surnombre, alors que d’autres auraient été quasiment vides de défenseurs. Le repli des combattants du front Nord n’impliquait pas forcément celui de ceux en place au pont Valentré : lors du siège de 1369, il parait visible que ses défenseurs restèrent en place lorsque les Anglais percèrent le Pal et s’enfoncèrent vers le sud, dépassant le pont qui resta ainsi une épine sur leurs arrières.

          Les consuls, bien secondés par leurs capitaines, avaient un regard lucide sur les capacités de résistance de la clôture urbaine fortifiée, et surtout devaient compter avec des ressources humaines limitées. Leurs réflexions sur la défense les amenèrent, avec un certain esprit tactique, à optimiser les capacités de chaque ouvrage, jouant de ses forces et palliant ses faiblesses à l’aide d’une utilisation rationnelle des défenseurs, et à prévoir différents replis vers la vieille ville.  De cette façon, un assaillant impossible à contenir au nord aurait progressivement perdu des forces pour parvenir au pied des vieux murs ; cette extrémité atteinte, les cadurciens pouvaient encore protéger la partie la plus importante de leur ville. Le réalisme de ce raisonnement fut démontré lors du seul siège subit par la ville au XIV° siècle, en 1369 : la défense de la ville avait reçu des renforts en hommes et en artillerie, envoyés par le duc d’Anjou[19] ; Ceci n’empêcha pas les Anglais de Chandos de submerger les défenses Nord, et de pénétrer profondément dans la presqu’île. Les dispositifs de repli furent alors mis en œuvre, et permirent de stopper les assaillants bien en avant des barbacanes occidentales de la vieille ville.

[1] Arch. Mun. Cahors, FF 24, copie du XVII° siècle de la demande de contribution faite par les consuls de Cahors au chapitre en 1345; la description du sac de Bergerac se trouve pages 2 et 3.

[2] Cette porte se trouvait à l’embranchement de la rue des Maures et de la place des Carmes.
[3] Il subsiste une portion de plus de 100 mètres de cette muraille rue du Lot, à deux pas du foyer Valentré.
[4] Lacoste (G.), Histoire générale de la province de Quercy,4 tomes, Cahors, Girma, 1886.,rééd. Marseille, Laffitte Reprints, 1982,t.III, p.163-164.
[5] Ibidem, p.235.
[6] Ibidem, p.271.
[7] Ibidem.
[8] Lacoste, (G.), op.cit., t.III, p.241-243.
[9] Ibidem.
[10] Ibidem.
[11] Lacoste, (G.), op.cit., t.III, p.241-243.
[12] Ibidem.
[13] Lacoste, (G.), op.cit., t.III, p.241-243.
[14] Lacoste, (G.), op.cit., t.III, p.241-243.
[15] Ibidem.
[16] Lacoste, (G.), op.cit., t.III, p.336.
[17] Lartigaut, (J.), L’approvisionnement immédiat d’une ville, Cahors en 1369, dans Actes du XLII° congrès d’études régionales organisé par la Société des Etudes du Lot à Souillac et Martel les 19, 20 et 21 juin 1987, Cahors, Imp. Dhivers, 1988, p.170-180.
[18] Lacoste, (G.), op.cit., t.III, p.241-243.
[19] Lacoste, (G.), op.cit., t.III, p.206.

We thank Nicolas Savy for his permission to republish this article.